Généalogie des Fablet, de Rennes.

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Archive pour la catégorie 'Petite anthologie'

La vocation

Posté : 20 septembre, 2006 @ 10:39 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

La vocation

L’océan m’a parlé, j’ai compris son langage. 
Mes souvenirs lointains me disent que souvent
J’écoutai sa chanson qu’accompagnait le vent, 
Quand je faisais enfant des pâtés sur la plage. 

J’approchais, curieux, pour voir le mouvement
Des bateaux amarrés aux jours d’appareillage,
Et, lisant un appel aux lignes du sillage, 
A mon nom murmuré, j’ai répondu Présent !

Et je pars–toi maison dont je franchis la porte, 
Ne te mets pas en deuil. Qu’à mon foyer si cher 
Nul n’ait la cruauté de maudire la mer
 
Et n’ajoute des pleurs dans le flot qui m’emporte.
Ne vous attristez pas : si je m’en vais joyeux, 
Je reviendrai portant l’univers dans mes yeux. 
  
Comtesse d’Estienne d’Orves, «  La maison des fleurs » .
 
   

Sonnet écrit en hommage à son fils Henri Honoré d’Estienne d’Orves,
officier de marine et héros de la résistance, fusillé le 29 août 1941 par l’occupant.                     

High flight

Posté : 19 septembre, 2006 @ 8:39 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

High flight 

Oh, I have slipped the surly bonds of earth
And danced the skies on laughter silvered wings
Sunward I’ve climbed and joined the tumbling mirth 
Of sun split clouds and done a hundred things
You have not dreamed of- wheeled and soared and swung 
High in the sunlit silence. Hov’ring there,
I’ve chased the shouting wind along and flung
My eager craft through footless hall of air
Up, up the long, delirious, burning blue
I’ve topped the windswept heights with easy grace
Where never lark or even eagle flew 
And while with silent lifting mind I’ve trod
The high-untrespassed sanctity of space
Put out my hand and touched the face of god. 

John Gillespie Magee, Jr.

Jeune pilote américain engagé dans les forces aériennes canadiennes durant la 2ème guerre mondiale. Il mourut en Angleterre le 11 décembre 1941 aux commande de son Spitfire. Il avait 19 ans.

Appelez moi fumée, appelez moi nuage.

Posté : 18 septembre, 2006 @ 12:57 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

 Ne cherchez pas à lire mon nom sur mes papiers
J’ai lavé mes empreintes et j’ai perdu mon âge
Appelez moi fumée, appelez moi nuage
Laissez le reste en blanc sans rien me demander.

Je n’ai jamais volé que mes instants de chance,
Je n’ai jamais tué que le temps qui passait,
Mes poches sont percées mais je garde en secret
Le coquillage bleu du fond de mon enfance.

Vous n’avez pas le droit de prendre mes bretelles,
Ouvrez moi cette porte, rendez moi mes lacets
Je ne demandais rien, seulement je passais
Si je n’ai pas de nom c’est que nul ne m’appelle.

Je suis très bien ainsi, laissez moi m’en aller
Je ne mendiais pas, n’étais même pas ivre,
Et s’il faut à tout prix mettre un nom sur vos livres,
Appelez moi nuage, appelez moi fumée.

 Francis BLANCHE

La Pipe

Posté : 8 septembre, 2006 @ 6:38 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

Je suis la pipe d’un auteur ;
On voit, à contempler ma mine
D’Abyssinienne ou de Cafrine,
Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur,
Je fume comme la chaumine
Où se prépare la cuisine
Pour le retour du laboureur.

J’enlace et je berce son âme
Dans le réseau mobile et bleu
Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame
Qui charme son cœur et guérit
De ses fatigues son esprit.

Ch. Baudelaire 

Grisantes odeurs

Posté : 7 septembre, 2006 @ 6:22 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

Grisantes odeurs

Laissez-moi m’enivrer aux sublimes fragrances
Que dispense la terre au retour du printemps,
Quand je viens respirer les parfums exaltants 

Des belles fleurs que j’aime tant.

Voici venir l’avril, ce mois des espérances,
Regardez mes amis, les lilas vont fleurir…
Dans l’odorant jardin où je viens discourir, 

C’est là que je voudrais mourir. 

Je vous ai souvent dit mes folles attirances
Aux suaves senteurs des roses de l’été,
Où chacune en s’ouvrant avec gracilité

Exhale sa subtilité. 

Dès lors, vous connaissez toutes mes préférences ;
Pour satisfaire aussi quelques péchés mignons,
J’ai meilleur odorat que bien des maquignons
Quand je détecte au bois, avec mes compagnons, 

La bonne odeur des champignons.  

Marcel COURAULT

Sables mouvants

Posté : 7 septembre, 2006 @ 8:55 dans , Petite anthologie | Pas de commentaires »

Démons et merveilles
vents et marées
au loin déjà la mer s’est retirée
et toi
comme une algue doucement caressée par le vent
dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
vents et marées
au loin déjà la mer s’est retirée
mais dans tes yeux entrouverts
deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
vents et marées
deux petites vagues pour me noyer.

Jacques PREVERT
(Paroles)

 

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